Jules prisonnier de guerre à Soltau chapitre 5 1


Jules prisonnier de guerre à Soltau chapitre 5

5) La vie au camp de Soltau

Le camp de Soltau est appelé le camp des Belges, à cause du nombre élevé de compatriotes qui y sont réunis.

Là-bas, les prisonniers dorment aussi dans des baraquements, sur de la paille sans aucune vraie literie. Le camp est entouré de murs de fils barbelés de 3 mètres de haut.

Une vue du camp. Tu peux voir Jules sous la petite croix à droite. (Source familiale)

 

La vie au camp est rythmée par les corvées et le travail.

Jules par exemple doit aller travailler dans une ferme, car les Allemands sont tous partis se battre et l’on manque de main d’oeuvre masculine. Les belges sont dégoûtés de devoir travailler pour l’ennemi.

Il nous a raconté qu’ils prennaient un  malin plaisir à saboter le travail. C’était une maigre vengeance. Ils devaient planter des pommes de terre dans les champs et s’arrangeaient pour qu’elles ne poussent jamais !

Un autre travail consiste à assécher les marais. Le camp est construit sur des marais. Pas très amusant!

Certains sont envoyés dans des mines ou encore dans des usines, d’autre encore doivent construire des voies de chemin de fer par tous les temps. Ils poignent dans les rails gelés à mains nues.

Le travail est toujours surveillé par une sentinelle peu avare en coups de baionnette et de crosse, donc il faut faire preuve d’une fameuse ruse pour ne pas se faire attraper.

Si c’est le cas, la punition ne se fait pas attendre. A Soltau, la plus redoutée est « le poteau » : on ligote le malheureux à un poteau, en serrant au maximum. Ses pieds ne touchent plus terre. Il doit rester ainsi plusieurs heures, par tous les temps. Lorsque le supplice est terminé, ce sont les autres prisonniers qui détachent leur ami meurtri et le transportent jusqu’au baraquement.

A ton avis, qui sont les soldats avec leur casque à pointe et pourquoi rigolent-ils?

 

Les hommes doivent aussi entretenir le camp. Ils portent de lourds fardeaux, des poutres, des sacs de ciment,…  Ils effectuent toutes les basses besognes et comme ils mangent très peu, ils tombent parfois sous le poids de la tâche à accomplir. Et les coups  pleuvent afin qu’ils se relèvent.

Ils vont même jusqu’à nettoyer les latrines (toilettes de l’époque) sans pouvoir se laver ou changer de vêtements.

Ils doivent laver leur linge eux-même, forcément.

A ton avis, à quoi servent ces grandes cuves métalliques? (photo familiale)

 

Les prisonniers s’ennuient beaucoup, le temps passe lentement, et ils ne savent pas combien de temps la guerre va durer. Mais peu à peu ils obtiennent des améliorations dans leur triste vie, car contrairement à la guerre 1940-1945, on respecte quand même les droits de l’homme. (Conférence de LaHaye de 1907).

A Soltau, ils vont pouvoir mettre sur pied une troupe de théâtre.

 

Rose, la fille de Jules a tracé un petit trait sur la photo pour montrer son papa, le reconnais-tu? (photo familiale)

Remarques-tu quelque chose de bizarre ou de comique? (photo familiale)

 

Jules a la chance de s’en occuper avec d’autres camarades. Chaque personne qui possède un petit talent artistique a le droit d’y participer. Musiciens, acteurs, tous contribuent à remonter le moral des troupes. On y joue même des pièces en wallon.

 

L’orchestre de Soltau (Steinhorst fait partie du camp de Soltau). Peux-tu lire la date? (photo familiale)

 

De grands matchs de foot sont organisés, ce sont des moments de rassemblement qui font chaud au coeur et qui mélangent les prisonniers de toutes les nationalités, car il n’y a pas que des Belges à Soltau, il y a aussi des Italiens, des Russes, des Français, des Anglais. Plus de   70 000 hommes sont captifs.

Source : photo de famille

 

Souvent la mort vient frapper à la porte du camp. Ce sont alors les prisonniers eux-mêmes qui se chargent du dernier hommage, souvent avec bien peu de moyens.  La faim, les mauvais soins, le manque d’hygiène en sont la raison principale.

Source : photo de famille

 

Tous ces documents sont en fait des cartes postales que le prisonnier peut acheter, et envoyer mais pas autant qu’il le souhaite. Ceci est très surveillé. Sa famille doit se contenter de l’image, et l’arrière de la carte ne contient pas beaucoup de mots intéressants : ici Jules écrit à sa soeur Honorine. Il écrit parfois à ses parents, parfois à sa fiancée qui attendent tous de ses nouvelles avec angoisse. Parfois il se passe de longs moments sans que personne n’aie de nouvelles.

Voici le dos d’une carte postale. Peux-tu trouver à quelle date elle a été envoyée? A l’époque pas, de téléphone ni d’Internet ! (photo familiale)

Ce document Auvio explique bien la correspondance pendant la guerre 14-18 :

 

 

 

 

 


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